La vulnérabilité en entreprise est souvent perçue comme un élément qui ne devrait pouvoir exister.
Durant des siècles, il était établit conventionnellement qu'elle devait rester de l'autre coté de la porte et ne jamais franchir le seuil de l'entreprise.
Pourtant, force est de constater que même si certains persistent à se comporter comme des dinosaures, les meurs tendent à changer.
Mais est-ce une bonne ou une mauvaise idée de laisser une place à la vulnérabilité ?
Avant de poursuivre plus en avant, je tiens à préciser ici que ce que j'écris n'engage que moi et que cela est le reflet de mon expérience et de mon point de vue. Mais, je ne suis pas parole d'évangile (quoi que ?! - non blague à part nous avons tous des biais cognitifs).
Ce que j'observais partout il y a 10 ans voir 15 ans à diamétralement changer même si certaines organisations semblent encore. sorties du siècle dernier.
Avant, il était coutume de se taire et d'endurer. Mais était-ce pour le bien de tous ou pour le confort des dirigeants ? Ou les vestiges d'un rapport maitre-vassale ?
Allez savoir....enfin... personnellement, j'ai mon idée.
Néanmoins, je vois depuis quelques temps des manageurs d'anciennes générations être repris à la volée pour leurs comportements aujourd'hui reconnus comme "violents".
Alors qu'il était encore, il y a peu, acceptable de pousser Monique l'assistante à bout en la rabaissant et en la traitant d'imbécile ignare et de la laisser s'écrouler en pleurs dans son bureau. Aujourd'hui, c'est un manageur commercial qui faisait le plus gros chiffre d'affaire de l'entreprise que j'ai vu être remercié par le conseil d'administration pour faute grave. Cela n'aurait jamais eu lieu dans les années 2000 !
Oui, j'ai l'âge de m'attester. Même si ça ne se voit pas. Quoi que quant même, la quantité de cheveux blancs sur la tête sont un indice.
Le burn out et la dépression, c'est pour les faibles
Cette croyance longtemps nourrit est désormais définitivement enterrée. Le burn out est l'apanage des personnes généralement trop capables qui ne savent pas gérer leurs ressources. La dépression est liée à d'autres soucis qui demandent un accompagnement adaptés. ET personne n'est plus fort que le burn out ou la dépression.
Néanmoins, la RSE a permis de regarder un certain nombre de problèmes autrement, avec un regard nouveau et plus sain.
Ainsi, le burn out est devenu la responsabilité du groupe. Même si un changement de posture interne est généralement nécessaire chez la personne qui le (ou l'a subit). Ne serait-ce que pour éviter de repartir pour un tour.
J'ai ainsi eu la possibilité d'accompagner un nombre croissant de collaborateurs et de dirigeants à apprendre à réguler leur quotidien et leurs ressources. Car qui veut aller loin ménage sa monture. Et ici, la monture est le système corporel de la personne concernée et il n'est pas interchangeable.
Impossible d'échanger notre cheval pour un plus "frais" à la prochaine auberge pour continuer notre périple. L'urgence devien donc de s'arréter à temps pour éviter d'être contraint.e à être arrêté.e longtemps.
Dans ce contexte, la vulnérabilité se doit d'être prise en compte
Je me souvent avoir longtemps entendu "Ici, on ne fait pas du social !". Or, certes, l'organisation n'est peut-être pas un service social, néanmoins, elle se doit d'être bienveillante et à l'écoute de ses ressources humaines. Car à l'époque de l'IA, il est important de se rappeler que l'humain n'est ni une IA, ni un Robot mais que l'inverse aussi se vérifie.
Et si l'idée de substituer des humains par des IA, il serait bon de se rappeler que l'IA fera des fautes probablement plus dramatique sans même s'en rendre compte. Car il lui manque un point crucial : la conscience humaine.
Après si l'humain venait à perdre sa conscience (ce qui est aussi un problème croissant, il n'y a qu'à observer l'augmentation des masculinistes ou des nazis ou assimilés) il se retrouverait effectivement au même niveau qu'un robot ou une IA. Et encore, je ne voudrais pas rabaisser l'IA qui a parfois plus de conscience que certains humains. Mais je ne saurais dire si ça se joue au niveau de l'ignorance ou de la bêtise.
Oui, je suis un peu incisive ce jour. On est vendredi et tout est permis dit-on.
La vulnérabilité est une aide bien plus grande qu'il n'y parait
Si vous voulez aller loin, il vous faut préserver vos ressources et vous-même. cela peut se vérifier de multiples façons.
Dans mon cas, je l'ai beaucoup tester dans l'enfance car je faisais beaucoup de sport et j'avais pour objectif de pousser mon corps à ses limites en le préservant de "casser".
J'en ensuite testé cela après un accident de moto grave. Le but étant d'optimiser ma rééducation tout me préservant de casser aussi ici mon corps. Le risque étant double : ne plus pouvoir marcher et/ou avoir mal au dos tout le reste de ma vie. A 19 ans, cela nous projette à une vie de souffrance bien longue !
Puis il en a été de même à d'autres moments de ma vie.
Ce que j'ai appris : reconnaitre notre vulnérabilité nous rend plus fort.e. Alors certes, cela implique souvent de prendre position avec justesse et cela peut créer des frictions et des frustrations. Mais de ce que j'ai observé, expérimenté et des feedback que j'ai pu collecter des milliers de personnes que j'ai accompagnées au fil de ma vie, cela a toujours été bénéfique.
La vulnérabilité est la condition sine qua non pour poser des limites et être dans la justesse
D'ailleurs, un.e dirigeant.e ou un.e manageur.e qui ne sait pas reconnaitre sa propre vulnérabilité et ses limites deviendra inévitablement un.e mauvais.e manageur.e. Dans le sens où il/elle sera toxique. Car ce que je ne sais réaliser pour moi, je ne peux pas l'offrir aux autres. Je ne peux donner ou offrir que ce que j'ai à ma portée.
"Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même" - dit l'adage
"Oui, sauf qu'ici on ne fait pas la charité !" - m'objecterez-vous
Certes, mais le processus demeure le même. SI je ne sais pas m'offrir quelque chose, je ne peux pas l'offrir à quelqu'un d'autre. Mais je peux faire illusion. Je peux donner l'impression de le donner alors que j'offre quelque chose de creux, une coquille vide. C'est alors qu'une situation toxique s'installera inévitablement.
Mettre notre vulnérabilité en exergue fait peur
Absolument et pourtant contre quoi nous cherchons à nous préserver en la cachant adviendra inévitablement. Mais comment s'en protéger alors ?
La seule façon est de communiquer librement sur notre propre vulnérabilité et ramener de l'humain dans l'équation. Car alors, et alors seulement, plus personne ne pourra nous faire du mal avec cela. Car ce sera dévoilé et cela fera de faits partie des éléments à prendre en compte pour prendre des décisions adaptées et créer un environnement favorable.
Souvenons-nous que tout élément immergé dans un environnement inadapté s'auto-détruit. Parfois en se sur-adaptant et d'autre fois contenu de son incapacité à s'adapter. Dans les deux cas, ne vaut-il pas mieux faire en sorte de rendre l'environnement favorable ?
Tout cela semble bien théorique !
Si vous me connaissez un peu, vous savez que la théorie est une base mais m'intéresse peu car elle est issue de la compilation coupée au couteau d'expériences cliniques.
Je privilégie toujours la pratique, le cas-par-cas et le vécu. Prenons donc un exemple :
Un ingénieur hypra talentueux vient de recevoir un promotion. Avant, il travaillait dans son bureau individuel sur des projets techniques et audacieux en autonomie. Il est brillant et le conseil d'administration a décidé de le nommer manager.
Or, depuis sa nomination, rien ne va plus. Il ne produit plus de projet, son degré d'absence à augmenté en flèche.
On pourrait trouver de nombreuses interprétations à cela.
Il n'est pas compétent pour manager, il a peur de se confronter aux membres de son équipes, il a des problèmes personnels, maintenant qu'il a eu sa promotion il tire au flanc, ...
La vulnérabilité non dite est souvent la cause du problème
Chaque entreprise a son process d'investigation des problèmes.
Mais je vous donne trois explications déjà rencontrées :
1- Notre ingénieur souffre de trouble de l'attention. Or pour contre balancer ce problème il avait développé des compétences d'hyper-focalisation. Sauf que depuis qu'il est manageur, il est souvent coupé dans ses flux et process. La conséquence est qu'il n'arrive plus a atteindre le niveau de concentration dont il a besoin pour avancer. Il se sent nul et incapable. Cela le déprime et le rend malade d'où ses absences répétées.
2- Avant notre ingénieur avait le bureau du fond. Maintenant son bureau est davantage au coeur du service. Or, il a une hypersensibilité auditive et son nouveau bureau est extrêmement bruyant comparé à celui qu'il avait précédemment. Or, il se refuse de mettre un casque anti-bruit car il craint que ces équipes en déduisent qu'il n'est pas disponible pour elles. La fatigue l'épuise, son corps craque. Il a des migraine atroces à répétition. D'où ses absences.
3- Notre ingénieur est un excellent technicien. Il est brillant. Or, il y a une chose qu'il craint et ne sait pas faire : la gestion des relations humaines. Il n'a jamais été candidat pour cette promotion. Il n'a pas osé refuser. Depuis il la subit. Il est terrifié chaque jour à l'idée de devoir régler un problème humain ce qui est tout bonnement or de sa portée et de son champs de compétence. Alors il fuit d'où son absentéisme.
Dans ces trois cas, le problème aurait pu être évité et peut-être réguler si la vulnérabilité peut-être mise sur la table afin de trouver des solutions adaptées.
Dans d'autres cas, on retrouve des causes systémiques qui demandent à être vue, nommées et régulées.
Acceptation et vulnérabilité vont de pair
L'acceptation de la vulnérabilité est le seul chemin pour régler durablement une problématique et résoudre un problème durablement. Or, la reconnaissance de notre vulnérabilité permet d'en accepter la nature.
Ainsi plus vous accepterez les éléments humains et plus vous pourrez aller loin. Car l'important n'est pas d'aller vite. Si c'était le cas nous avancerions seul.e. Or seul on va plus vite et ensemble on va plus loin. Et, dans le premier cas quitte à se lancer tête baissée et avec élan dans un mur... mais cela n'implique que nous. Dans le deuxième cas, nous irons peut-être moins vite mais anticiper l'arrivée du mur et le contourner nous fera gagner du temps et éviter des dommages couteux.
Et si vous rameniez l'humain au coeur de l'entreprise et donc du collectif ?
Un de mes leitmotiv est de réconcilier l'humain et l'entreprise pour que l'expérience soit plus saine, nourrissante, fonctionnelle, nourrissante et profitable.
Vous avez une problématique, une difficulté, un problème récurrent ?
Je peux vous accompagner à réguler rapidement et durablement ce problème.
Cela démarre généralement par un premier rendez-vous.
Au plaisir de la rencontre.
Lætitia TRILLEAU
wa.me/33615201698
Pour un premier contact ou pour prendre rendez-vous : https://meet.brevo.com/laetitia-trilleau